Assou oubaslam Le Hero des Ait-Atta


Assou oubaslam naquit en 1890 dans les montagnes du Saghro, au sein de la grande tribu berbère des Aït Atta. Son père, Ali U-Ba Slam, s’était sédentarisé et il était devenu le chef de son clan, amghar n tmazirt, des Illushan. Dès sa jeunesse, Assu se signala par son intelligence et son sérieux, ainsi que son habilité à faire du commence.

C’est donc tout naturellement qu’il devint à son tour amghar; en 1919 ou quelques temps après. Il était hostile à la présence des français au Maroc et, en prévision d’une guerre contre eux, il acquit, en contrebande , un stock important d’armes à feu. Les hommes du maréchal Lyautey n’avaient pas encore fait mains basse sur le pays ‘atta mais ils disposaient d’agent locaux qui leur étaient dévoués, tel Haj Thami el Glawi, un des grands caïds de l’Atlas occidental.

En 1918, celui-ci avait même mené une campagne dans la vallée de todgha pour intimider les Aït ‘atta et, en 1920, sur l’injonction des français,il entreprit une opération de pacification. Il soumit une partie du pays ‘atta et il nomma un de ses alliés chef des populations vainces. Son autorité devait s’é tendre plus tards sur d’autres régions du Maroc, mais il demeura partout d’importantes poches de résistance aux Français et au Glawi.

‘Assu fut du nombre des premiers résistants et quand la plupart des clans voisins firent soumission, il continua seul la lutte, faisant de sa place forte, Taghiya n Illusham, une citadelle de la résistance et un point de ralliement des Berbères hostiles à la conquête colonial. Ces mêmes Berbères devaient l’élire, en 1932, amghar n ufella, chef suprême, et le chargèrent de diriger la lutte. De l’Adrar n saghro, la montagne de Saghro; ‘Assu et ses hommes harcelèrent les fidèles du Glawi qui, ne pouvant les déloger, appelèrent les Français à l’aide.

Ceux-ci réunirent une forte armée et décidèrent d’en finir avec la résistance des Aït Atta. Le 21 février 1933, deux colonnes partirent à l’assaut du massif du Bû Gafr: l’une, partie de l’est, était commandée par le général Giraud, l’autre, partie de l’ouest, était sous la responsabilité du général Catroux. Avant d’engager la bataille, les deux officies proposèrent à ‘Assu de se rendre. Il refusa et la guerre commença.

Les troupes françaises, grossies des forcer berbères fournies par les clans soumis, étaient estimées à 82.000 hommes avec, en plus, une escadrille de quarante quatre avions, partie de Ouarzazate.Les troupe de ‘Assu, elles, ne réunissaient que 12.000 guerriers, auxquels se joignirent des centaines de femmes et d’enfants, ce qui faisait un total de 70.000 personnes. Les premiers assauts de l’ennemi furent repoussés avec succès. Dès que les Français et leurs alliés arrivaient à la portée des fusils, les Aït ‘Atta tiraient. Les femmes et les enfants les accueillaient, eux, par une volée de pierres qui faisaient autant de victimes que les balles. Mais les troupe françaises, soutenues par l’aviation, parvinrent à soumettre les résistants à un tir d’artillerie ininterrompu. Des appels à la reddition furent lançés par les officiers français mais ‘Assu les rejeta.

La résistance de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants, qui se savaient pourtant perdus, força l’admiration des Français et le général Spillman, dans ses mémoires, éprouva des scrupules à mettre en pièce ces résistants qui préféraient mourir plutôt que de se rendre. ‘Assu, pour éviter à son peuple l’extermination, finit par accepter le principe de la négociation. Le 25 mars, il descendit de la montagne avec ses hommes et déposa les armes. Il était prêt à arrêter la guerre si les Français acceptaient ses conditions. Le général Huré qui avait assisté à la scéne, exprima, dans ses souvenirs, son admiration pour ‘Assu et ses hommes qui, même dans la défaite, restaient dignes et fiers.

‘Assu exigea que l’autorité du Glawi, acquis aux Français, ne s’étende pas au Saghro et il obtint l’assurance que le droit coutumier des Aït ‘Atta (en berbère azref) sera observé. L’attachement au droit coutumier berbère n’empêchait pas ‘Assu d’être un bon musulman et même un homme très religieux. Il avait une telle influence sur ses hommes que les Français, pour éviter qu’il reprenne les armes contre, eux acceptèrent ses conditions. Il le nommèrent même chef de son clan et plus tard, il assuma des charges de magistrat au sein de la cour d’appel de Ighram Amazdar.

En 1939, ‘Assu fut nommé également caïd et garda cette fonction jusqu’à sa mort.رحمه الله En effet, aprés l’indépendance du Maroc, en 1956,il fut confirmé dans ses fonctions alors que les caïds, qui s’étaient compromis avec l’administration colonial, avaient été relevés de leurs fonctions.’Assu s’insurgea contre la suppression du droit coutumier berbère par les autorités marocains et continua à l’appliquer dans sa régions. L’administration, craignant qu’il se révolte, ferma les yeux sur ses agissements. Le 16 avril 1960, il succomba à la maladie. Il fut inhumé dans son village natal de Taghiya. Son fils ainé, ‘Ali n Lhadj, fut nommé caïd, à la demande des Aït ‘Atta et garda la charge jusqu’à sa retraite en 1974, son propre fils lui sucéda.
تحياتي لزعماء أيت عطا الأشراف

source:le matin





You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

One Response to “Assou oubaslam Le Hero des Ait-Atta”

  1. hamza abdellah kacem Says:

    assou baslam argaz amazigh m9orn g tanbatt

Leave a Reply